lundi 10 mars 2008

Un merci très amical

Je reproduis ci-après le texte que William Chauou, second sur notre liste, a eu l'amitié de nous adresser avant la publication des résultats du premier tour. Que lui, et tous les autres avec nous et à nos côtés, en soient remerciés :

À tous,
je me souviens d'un printemps, pas si lointain, où beaucoup d'entre nous ne se connaissaient pas encore, où beaucoup n'imaginaient pas se retrouver en photo sur une affiche, en cette fin d'hiver.
Les choses sont allées, l'espoir des uns aura fait naître l'envie chez les autres, l'expérience des uns aura encadré les idées fougueuses des autres.
Je me souviendrai de l'amitié d'un groupe porté par une même volonté, le même humanisme, je me souviendrai d'une utopie qui devient, petit à petit, une réalité, je me souviendrai d'une femme qui, contre vents et marées, aura tracé son sillon.
De ce qui a été fait, il restera toujours quelque chose.
Ce dimanche nous serons heureux ou malheureux, mais nous ne devons rien regretter. Nous avons écrit le début d'une Histoire. Je ferai tout pour qu'aucun d'entre nous n'en écrive la Fin.
D'autres campagnes seront à mener, même si celle-ci n'est pas terminée. Il faut déjà regarder l'avenir.
N'oubliez pas : Demain commence aujourd'hui.
Amitié, William.

mercredi 13 février 2008

Le bon exemple

« L'architecture ne peut sauver le monde mais elle peut donner le bon exemple »

L'Ordre des architectes a fait paraître aujourd'hui un Manifeste pour les villes en s'adressant directement aux maires et aux citoyens. Ce manifeste rappelle que c'est bien dans nos communes que se construisent, chaque jour, notre identité et notre culture, mais que « nos villes se défont en même temps qu'elles s'étalent ». L'urbanisation, non maîtrisée, condamne le plus souvent le citoyen à un isolement accru, un suréquipement auto et à des trajets chronophages. Je rejoins cette analyse, comme je ne peux que souscrire aux trois principales orientations, préconisées par les architectes :
— une ville plus solidaire ;
— une ville plus respectueuse de l'environnement et des générations futures ;
— une ville plus belle et plus conviviale.
Je suis certaine que toutes les forces politiques en présence à Rennes souscrivent également à ce manifeste, même si je ne suis pas certaine qu'en trente ans, tous les efforts d'urbanisme aient été accomplis en ce sens. Et c'est pourquoi, je défends, de toutes mes forces, une « éco-cité » exemplaire.

Je voudrais même aller plus loin et faire ici un plaidoyer vrai pour une ville ouverte. À l'heure où dans les villes, la tendance est à la fermeture, à l'entre-soi, au quant à soi, je veux témoigner de mon engagement en faveur de la ville ouverte, la « ville passante », pour reprendre la belle expression de David Mangin dans La Ville franchisée (2004). La ville n'est pas une entité autonome, déconnectée. Elle a besoin d'une vision plus large, à l'échelle de son agglomération, de son territoire. Voire bien au-delà.
La ville ouverte, c'est aussi la ville du lien et de l'hétérogène. Il faut éviter, à tout prix, que la ville devienne une sorte de juxtaposition de lieux ségrégués. La ville ouverte débouche aussi sur de nouvelles perspectives en matière de sécurité. Je rejoins ici les travaux d'Yves Lion, de Laurent Théry et de David Mangin, tous proposés pour le Grand Prix de l'urbanisme 2007. La ville ouverte est aussi celle qui correspond le mieux à ma vision de la démocratie locale. Elle doit permettre la constitution de lieux intégrant les fonctions nécessaires au bien vivre commun : la ville doit savoir offrir le travail, le logement et le loisir, reliés entre eux par un ensemble de réseaux de transports en commun et de liaisons douces.

dimanche 27 janvier 2008

Remerciements

« Tout se trouve, Lucilius, hors de notre portée. Seul le temps est à nous. Ce bien fuyant, glissant, c'est la seule chose dont la nature nous ait rendu maître : le premier venu nous l'enlève. Et la folie des mortels est sans limite : les plus petits cadeaux, ceux qui ne valent presque rien et qu'on peut facilement remplacer, chacun en reconnaît la dette, alors que personne ne s'estime en rien redevable du temps qu'on lui accorde, la seule chose qu'il ne peut pas nous rendre, fût-il le plus reconnaissant des hommes »
Sénèque, Lettres à Lucilius, ans 63-64.

Rendez-vous à mon équipe ce vendredi à la permanence pour marquer autour d'un verre le temps passé et consacré tous ensemble à construire l'avenir de Rennes.

jeudi 24 janvier 2008

Demander compte

Quand je vais à la rencontre des Rennaises et des Rennais, sur les marchés, comme ceux de Sainte-Thérèse, du Blosne ou des Lices, que ces marchés soient plus ou moins bourgeois ou populaires, je suis frappée de voir combien tous les gens qui les fréquentent s'attachent aux prix pratiqués, cherchent les bonnes affaires — et sont prêts à faire quelques pas de plus pour payer moins cher une galette-saucisse. 
Ce bon sens économique est le mien, celui d'une mère de famille nombreuse, confrontée tous les jours au pouvoir d'achat qui ne suit pas, aux prix qui grimpent, à cette impossible équation : apporter chaque fois le meilleur à nos enfants, avec des revenus toujours trop limités.
Hier François Bayrou a souligné pourtant « la gabegie d'argent public » — face au déploiement excessif de forces de l'ordre lors d'un déplacement présidentiel à Pau. Oui, parfois, les citoyens que nous sommes, avons du mal à comprendre que nos élus, nos représentants, ceux qui nous administrent, dépensent « sans compter » — ce qui est, après tout, notre argent et pas le leur. En 1789, déjà, dans une déclaration des droits de l'homme et du citoyen qui est chère au cœur de tous les Français, et donc au mien, figurait en toutes lettres : « la société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration ».
Certes, l'administration de la ville de Rennes peut sembler, aux yeux d'un non-spécialiste, irréprochable et relativement peu dépensière. Et pourtant, certains choix décisifs, comme celui fort coûteux de la 2e ligne du métro, ne prêtent pas assez à débat et sont décidés, en catimini, à la veille des fêtes (et des élections municipales) alors qu'elle ne sera en service, au mieux, qu'en 2018.
En tant que maire, je me battrai pour donner, chaque fois que nécessaire, la parole aux Rennais, notamment quand il s'agira de leur porte-monnaie. Et je rendrai compte, de façon transparente, de mon action et de celle de mon équipe, d'une façon qui soit comprise de tous.

mercredi 23 janvier 2008

Votre maison

Au 127, rue de Nantes, coincée entre une belle pharmacie et un vendeur de motocyclettes, juste dans le prolongement des boulevards de la Tour-d'Auvergne et Georges-Pompidou et à deux pas des boulevard de Guines et du Colombier, se trouve installée notre permanence électorale des municipales.
Ce local est aussi le vôtre, celui de tous les Rennais qui veulent que ça bouge, que ça change. Il est ouvert (entrée libre !) de 10 h à 12h30, puis de 14 h à 18 h. Le soir, le plus souvent, il est le lieu de nos longues et studieuses réunions et rencontres — pour faire avancer les choses et échanger les idées — réunions qui sont généralement ouvertes à tous les adhérents et aux sympathisants.

N'hésitez pas à en franchir le seuil si vous passez par là — ou si vous venez d'un quartier lointain.

Un café, un carré de chocolat, mais surtout une écoute répondront toujours présent.

Respect de la diversité

Mon approche humaniste de la société m'a rendue toujours sensible aux injustices, notamment à celles liées aux mentalités, à l'évolution de nos modes de vie. J'aime agir en fédérant des femmes et des hommes libres, indépendants, capables, qui votent et jugent en fonction de l'intérêt général — et non d'intérêts particuliers. Mais je n'aime pas non plus qu'on montre du doigt, qu'on stigmatise, qu'on écarte du bonheur commun des minorités, au nom de leurs prétendues « différences ». L'association Centr'égaux, créée dès janvier 2006 pour réagir à une soi-disant « entente parlementaire pour le droit de l'enfant » — immédiatement rejetée par François Bayrou — a bien voulu me proposer de souscrire à sa charte des valeurs pour les municipales. Je le fais sans réticence, intimement convaincue qu'il s'agit là du minimum qu'un homme ou une femme politique doive à l'art de vivre ensemble, en fraternité et harmonie. Ses objectifs sont aussi les miens et je les appuierai toujours avec fermeté.

dimanche 20 janvier 2008

Lancement de la campagne

Edmond Hervé, en bon capitaine, a lancé le signal de départ : la campagne est ouverte.

Il ne croit ni aux apparitions, ni aux miracles, ce qui lui fournira un bon sujet d'échange avec son dauphin Daniel Delaveau, ancien journaliste à Témoignage Chrétien, même si celui-ci n'aime pas les "ni...ni". Il aurait pu dire qu'il ne croyait pas à la génération spontanée, dans une référence laïque à Pasteur, qui a donné son nom au pont principal de Rennes. Non : il a préféré un mot qui évoque peu subtilement Lourdes et la Vierge : les croyants apprécieront ce genre d'ironie. Mais c'est décidément une habitude chez les dirigeants du PS : dès que surgit un nouveau venu, surtout au féminin, le persiflage commence : "dame blanche", "mystique", "Jeanne d'Arc" et compagnie : vieille rengaine bien connue de Madame Royal.

Edmond Hervé donc, ne croit pas aux apparitions subites en politique. Discret conseiller général, sans expérience de la gestion d'une ville, il s'est en 1977 emparé de la mairie par surprise et entend sans doute se réserver ce privilège historique. J'ajoute que je trouve étrange une telle conception de l'histoire dans la bouche d'un homme de progrès : alors pour un socialiste, ne peut exister que ce qu'il a prévu et programmé ? L'imprévu n'arrive jamais parce qu'il était imprévisible. Bref : l'histoire est une éternelle reproduction et reconduction des pouvoirs en place? Bref, puisque Monsieur Hervé semble goûter les allusions, s’il ne croit pas aux apparitions, moi je ne crois pas que l'histoire soit écrite d'avance dans un quelconque Grand Livre, fût-ce la Bible antique des socialistes : je crois au changement et à l'intelligence des citoyens, je crois à l'esprit rennais d'initiative, de dialogue et de créativité.

La campagne est donc ouverte, à l'ancienne par le Grand Ancien, et sur un ton qui me désole.

Je respecte profondément Monsieur Hervé. Je le respecte parce que je suis rennaise : comme les Rennais, et comme les bretons, j'ai un sens profond du travail accompli et je sais le reconnaître. Mais, comme citoyenne, comme femme et comme candidate, j'entends aussi être respectée. Je propose donc que, dès le début de partie, on en finisse avec ces jeux polémiques archaïques, et qu'on se place sur le terrain des vraies questions et non pas des "piques" et des "petites phrases".

Les vraies questions de fond que j'adresse au candidat officiel de l'Union de la Gauche Daniel Delaveau qui, normalement, devrait mener lui-même sa campagne, les voici :

La situation de Rennes est paradoxale. Pour son avenir, Rennes peut s'appuyer sur des acquis solides en matière d'éducation et de formation, de logement social et de mixité, de développement économique et de technopoles. Rennes peut s'appuyer surtout sur un potentiel humain extraordinaire dans tous les domaines d'activité (entrepreunerial, scientifique, associatif, culturel etc...) et pourtant... Ce potentiel est sous-exploité. Les Rennais ne sont pas écoutés (réellement écoutés). Il y a un malaise, une inquiétude, un flottement : le sentiment très fort qu'un changement est nécessaire.

Mais lequel ? Et avec qui ? sur quel projet ? voilà LA question qui doit être au centre du grand débat démocratique que les citoyens attendent avec impatience : enfin, on va se parler, s'écouter et choisir.

Oui, notre ville est à un tournant, à un carrefour où il ne faut pas se tromper de route, celle du nouveau siècle.

Puisqu'il souhaite apparemment prendre en main ce débat, nous demandons à Edmond Hervé, très clairement : êtes-vous d'accord pour dire que, depuis quelques années, en dépit de ce qui a été fait depuis trente ans, Rennes est en panne? Nous, nous le pensons et le dirons de manière très courtoise et franche, très concrète, comme il se doit entre démocrates qui se respectent.

Pour ce vrai débat démocratique, je suis disponible. Pour les petits jeux politiciens, non.